pierreline

10 avril 2010

je "déménage"

C'est fait, j'ai ouvert un autre blog, je vais donc après l'avoir "épuré" de quelques textes trop persos, laisser ce blog en jachère.

Pour ceux qui souhaiteraient connaître ma nouvelle adresse, laissez moi un message sur mon adresse mail:

pierreline@laposte.net

Je vous embrasse bien tous, je vous dis à bientôt

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06 avril 2010

de retour

DE RETOUR 06 04 10

Problèmes de connection, plus d'internet ni de téléphone depuis plusieurs jours. Heureusement, y'a un couple d'amis qui est venu ce soir me dépanner, ça fait du bien de revenir dans le monde "normal"...

Ne croyez pas que pour autant le reste de ma vie se soit mis en stand by... Ce serait trop beau!

Les garçons ça continue d'être aussi dur, T. s'est fracturé la main au cours d'une castagne avec un éduc cette semaine: opération et pause de broche ... Et de nouveau  un petit tour par la case gendarmerie. S., lui, donne dans la grande provoc, et laisse à voir sachets d'herbe et matériel spécialisé. Quand je confisque il vient m'engueuler... Même pas gêné...

Je sais que S. connaît l'adresse de ce blog. Mon premier réflexe a été de me dire je vais tout effacer, pas envie qu'il lise ce que j'écris à son propos ou à celui de son frère... Il est tout à fait capable de s'en servir pour me blesser, en même temps il n'a pas besoin de ça pour le faire... Et puis en fait je ne sais pas trop quoi faire.

Et puis ma mère: elle s'est cassé le col du fémur. 85 ans, dyalise, problèmes cardiaques, respiratoires et diabète depuis des années. Il y a des escaliers qu'on ne remonte plus. Et certaines descentes de marches comptent plus que d'autres. J'ai peur de l'issue de cette descente, je ne me sens pas prête, ni pour l'accompagner, ni pour y survivre.

En fait, pas beaucoup d'évolution dans le cours de ma vie. Solitude, épreuves  et isolement.

Lueur à l'horizon: on vient de commencer les répétitions du Te Deum de Lully. On le donne dans moins de deux mois avec comme chef d'orchestre invité Jean Marc Adrieu, de Montauban. Il va venir avec certains de ses musiciens et solistes, la crème des baroqueux. Il y a quelques années on avait monté avec lui le réquiem de Campra. Un unique mais super concert.

A bientôt

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24 mars 2010

Rubrique pratique de tata Pierreline (1)

Je cherche quoi vous écrire qui change du lacrymal habituel.

J'aimerais avoir la politesse et l'élégance de Prax qui se tait quand ça ne va pas. Je n'y arrive pas...

Je pourrais aussi vous raconter comme Berthe des histoires de grenouilles mais elle l'a déjà fait, et je ne suis pas assez zoophile.

Et puis en me balladant (combien d'ailes à ma bal(l)ade ?  va savoir...) sur les diverses rubriques de l'onglet "statistiques" du blog, j'ai un peu regardé celui qui dit par où sont passés les gens qui se sont connectés.

Et là j'ai trouvé!!! Quelqu'un s'est retrouvé chez moi parcequ'il avait posé la question (je vous la fais courte) "Comment commencer à chanter quand on n'ose pas?"

Alors, voilà, chers amis, je vais proposer quelques réponses, mais je suis sure que vous en aurez plein d'autres marrantes, pratiques, délirantes, en un mot réjouissantes. Alors je compte sur vous pour venir compléter cette rubrique, et venir en aide à cette personne qui s'est égarée un moment sur ce blog.

Tu veux pousser la chansonnette et tu ne sais pas comment t'y prendre?

Ecoute les bons conseils de tata Pierreline et ses amis:

Quelques exercices préparatoires seront bienvenus:

1- Exercice sponsorisé par l'association de prévention des risques buccodentaires.

Dans ta salle de bains, et devant ta glace, lave toi les dents: tu seras sûr de ne pas déranger ton public par ton haleine. Il faut toujours respecter son public, et encore plus quand on n'en a pas encore. Pendant que tu te laves les dents, si possible avec une brosse à dents électrique, pour couvrir le bruit, (respect du public déjà cité, et des voisins qu'il faut toujours ménager, question de savoir vivre...), commence par quelques bruits de gorge. Observe la position de ta bouche et de ta langue.

L'intérêt de l'activité brossage de dents est que tu es obligé d'avoir la bouche ouverte, d'au moins de la taille du manche de la brosse à dents. Un des plus gros défaut du chanteur, c'est qu'il s'imagine pouvoir chanter la bouche fermée. Grossière erreur! Le chant c'est du son et le son c'est de l'air qui en passant par les cordes vocales les fait vibrer. Et l'air doit bien sortir! Si le chanteur ferme la bouche, l'air sort par le nez.  C'est une option qui fait perdre beaucoup de la richesse du chant, on ne peut plus prononcer de paroles intelligibles...

L'autre avantage de cet exercice préliminaire est qu'il permet à l'apprenti de disposer d'un miroir facilement, qu'il peut couvrir ses bruits incongrus en ouvrant un robinet, et qu'en France, tout le monde sait que chanter dans sa salle de bains est bien vu ("tiens, il est de bonne humeur!"), et ne porte pas à conséquence. Pas de complexe à avoir, chanteur de salle de bain = chante faux mais avec beaucoup d'enthousiasme et sans déranger personne.

Que l'apprenti ne se prive pas du plaisir des gargarismes, et d'y mêler force borborygmes, d'abord c'est marrant et on n'a pas souvent d'occasions de rigoler, et en plus, ça détend le pharynx, ça permet d'explorer des sensations nouvelles au niveau du palais mou, de l'espace qu'on peut y créer et qui sera si important pour y installer le son ensuite.

Palais mou ? Kézako se demande le chanteur débutant. Non, ce n'est pas une version guimauve du HLM du notre "Nicolas le petit". Cher ami débutant, si tu explores ta bouche de ta délicate langue, tu reconnaitras tes dents formant deux arcs, l'un en bas, l'autre en haut. Entre les dents du haut, tu sens une voute solide: c'est le palais. Toujours en haut, mais à l'arrière de la bouche, tu sens une partie plus souple et qui chatouille un peu si tu l'effleures de ta langue. C'est là le palais mou. Amuse-toi devant ta glace à créer de l'espace entre cette partie de l'arrière de ta bouche et la base de ta langue.  Cette zone là est très importante pour le reste de ta carrière future. Autant faire connaissance avec elle tout de suite...

Voilà, cher ami débutant, tu es peut-être dérouté par ces (longs) préliminaires, mais ne crains rien, si tu suis ces conseils avisés, et comme je sais que tu as une hygiène irréprochable, tu vas pouvoir t'exercer trois fois par jour, après chaque repas, tu vas très vite pouvoir sortir de ta salle de bains et pousser tes premières roucoulades.

Fin du premier exercice, la suite au prochain numéro!

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14 mars 2010

Il y a transports et transports ...

Petite anecdote de boulot.

Pour mon boulot je suis amenée à pas mal me déplacer. Pour cela, je dois chaque année demander à mon administration la permission d'utiliser mon véhicule personnel et lui assurer que jamais au grand jamais, s'il venait à m'arriver d'avoir un accident au volant du dit véhicule et sur le chemin du travail, jamais au grand jamais il ne me viendrait à l'idée de demander une quelconque indemnisation auprès de mon cher employeur. D'ailleurs je me dois d'assurer par mes propres moyens le véhicule en question, vérifier que mon assurance accepte bien, elle, que je l'utilise à des fins professionnelles et en fournir l'attestation.

Bon, le véhicule est une chose, alimenter en énergie fossile et coûteuse l'engin en est une autre. L'administration considère que tant que je reste dans les limites de la ville où se situe mon poste administratif, elle ne se sent pas du tout dans l'obligation de participer à l'alimentation énergétique de la bestiole. Pourtant je fais plus de 15 km par jour à circuler d'un lieu de travail à l'autre. Si je dois sortir de la commune, l'administration  m'a octroyé dans son infinie mansuétude qui n'a d'égale que son infinie pingrerie vis à vis des petits, une somme forfaitaire annuelle dont le montant ne couvre que les frais de déplacement des trois premiers mois de l'année.

Bon, jusqu'à présent il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Ce qui est nouveau, c'est le mode de demande de remboursement des kilomètres parcourus: au lieu de remplir un papier format A3 en double exemplaire à faire contresigner par notre supérieur hiérarchique, nous devons désormais nous connecter sur le site d'un gestionnaire situé à des centaines de kilomètres, qui gère plusieurs départements, et qui n'est malheureusement pas opérationnel.

On nous a fourni une notice explicative concernant la marche à suivre pour se connecter à ce site: 20 pages. Avant même de pouvoir accéder au site, il nous faut créer "un ordre de mission permanent", mais bien sûr sur un autre site, et par le biais de codes qui nous ont été fournis il y a plusieurs années et que j'ai bien entendu oubliés depuis le temps...

J'ai essayé vendredi dernier de créer ordre de mission et état des frais de déplacement; impossible. Je n'y pige rien, je m'énerve et je trouve que j'y perds un temps fou.

Alors j'ai laissé un petit mail à mon supérieur hiérarchique. C'est marrant comme on se lâche plus facilement sur la toile, alors que par courrier papier, toute lettre doit commencer par les mots: "j'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance..."

Bref, dans mon petit courriel je lui expliquais que je me sentais tout à fait incompétente pour remplir les tâches administratives nouvelles demandées, un peu comme à ces nouvelles caisses de super marché en libre service je mets deux fois plus de temps à enregistrer mes achats qu'une vraie caissière qualifiée et formée. Alors, devant ce nouveau tournant crucial que prend ma carrière au sein de l'éducation nationale, je lui ai demandé si je pouvais bénéficier d'un stage de formation en bureautique, et s'il pouvait m'indiquer sur quel site m'inscrire.

Franchement, et pour rester polie, j'ai l'impression de me faire en... et d'avoir en plus à dire merci!

Moi, si je me fais en... je veux bien dire merci, mais alors ce sera à un amoureux dont je serai très amoureuse et au cours de transports qui n'auront rien à voir avec ceux pour lesquels mon administration rechigne tellement à me verser de chiches émoluments.

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10 mars 2010

"être né quelque part, c'est toujours un hasard..."

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La mère Castor a écrit un petit texte il y a quelques temps, où il est question de maison ancienne, d'armoires monumentales, de racines...

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Moi je suis toujours touchée et à la fois gênée par ces histoires. Si l'on me demande d'où je suis, je réponds que je suis née en région parisienne, j'y ai vécu mon enfance et adolescence et puis je suis partie.

"- Alors t'es parisienne alors ?

Ben non, pas vraiment, plus de trente ans que je n'y vis plus, et je ne suis pas non plus de là où je vis actuellement...

"- Alors, t'es d'où ?

Je n'ai jamais été à l'aise avec cette question. Mes deux parents sont nés de l'autre côté de la méditerrannée, sur une terre qui n'était pas la leur, mais sur laquelle plusieurs générations étaient nées, avaient vécu, avaient aimé, étaient morts et enterrés.

Je vis actuellement au pays basque, un endroit où si l'on est "de Bidarray le haut", on ne dit pas qu'on vient d' "Ossès le bas"... Quand j'entends ce genre de conversation je repense toujours à la chanson de Brassens "c'est vrai qu'ils sont jolis tous ces petits villages..."

A Paris, mes parents ont changé (légèrement) de quartier depuis le temps de ma jeunesse. Bien-sûr je peux vous parler de la boulangerie "Delabesse", ou de l'épicier "Dumouchel" qui se trouvaient dans leur ancienne rue, (maintenant, il y gros à parier sur le fait qu'on trouverait à leurs palces des agences bancaires ou immobilières...), mais ce n'est pas ça qui peut m'aider à répondre à la question "t'es d'où ?".

La maison qui figure sur les photos plus haut se trouve dans les Pyrénées. Mes grands parents maternels  sont enterrés dans le cimetière du village, je pense que mes parents ont prévu de les y rejoindre à leur mort.

La maison, elle était à une vieille cousine de ma grand-mère, qui, elle, y avait vécu. Mes grands parents, mes parents et mes frères et soeurs et moi n'y avons séjourné que pour des vacances. C'est une maison immense, avec des greniers, des galeries et des pièces glaciales l'hiver. On y trouve plusieurs armoires monumentales du genre de celles qu'évoque la mère castor dans son texte.

Mes parents ont 85 ans, ils ne sont pas en très bonne forme, nous sommes 6 enfants. En ce qui me concerne, je n'ai pas les moyens d'entretenir une batisse pareille.

Je n'en ai pas forcément envie non plus. J'ai assez souvent déménagé, ce qui incite à une certaine "légèreté mobilière". Je me suis rendue compte récemment que j'avais gardé un objet de chaque lieu que j'avais habité: des rideaux, un buffet trouvé dans un appenti, une théière, un tabouret ... Je suis plutôt du genre désordonnée, et je crains l'envahissement des objets, alors je m'en méfie, et comme je ne suis pas fan du ménage, j'évite les "attrappe poussière".

Je me souviens très bien de l'arrivée de mes grands parents en 64, ils sont venus habiter avec nous; j'étais très enfant, mais j'ai très vite compris qu'il y avait des choses dont on ne parlait pas ... Trop de choses laissées "là bas", trop de violences et d'espoirs perdus, des gens, des lieux, des odeurs que l'on ne retrouverait plus.

Comment auraient-ils pu nous expliquer, à nous leurs petits enfants "d'où ils étaient"? D'un pays où ils ne retourneraient jamais ? Un pays qu'ils ne nous montreraient jamais ? Et où nous n'habiterions jamais non plus? Un pays où leurs parents et grands parents avaient leurs tombes, mais où eux même ne seraient pas enterrés?

Ici au pays basque, les gens peuvent te dire où se situe La Maison de la famille, que des cousins sont partis aux Amériques, que certains en sont revenus, qu'ils sont allés à l'école dans tel ou tel quartier, que de "l'autre côté", "au sud" (comprendre le pays basque espagnol), les Intels sont des cousins aussi dans tel village etc ... Alors, même si on ne vit plus dans le village, ou dans le quartier, on sait d'où on est !

En 69 mes parents nous ont emmenées ma soeur et moi en vacances en Corse. (Je me souviens de l'année, parce que c'était en juillet et je vous jure que quand les astronautes ont marché sur la lune, j'ai vu, vraiment vu avec mes yeux d'enfant leur ombre sur la lune ronde dans le ciel!). Je revois encore ma mère  sur le pont du navire, à l'arrivée sur l'île et qui fermait les yeux en se régalant des odeurs du maquis qui étaient tellement semblables à celles de "là bas".

C'est vrai, je ne peux pas répondre à la question "t'es d'où?", mais je m'en fous un peu. Je suis de là où la vie m'a menée. Menée et malmenée parfois, pas trop souvent heureusement.

C'est le lot de beaucoup de gens sur cette planète de ne pas pouvoir dire d'où ils sont, en tous cas de ne pas pouvoir donner une réponse simple à cette question.

C'est la complexité de la réponse à la question des origines qui fait la richesse du monde et peut être aussi une alternative forte à ce que les médias appellent "la montée des communautarismes".

Vive les métissages.

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06 mars 2010

défi du samedi: miroir, mon beau miroir...

Voici le texte que j'ai envoyé cette semaine. Le thème proposé par zigmund tourant autour du double, miroir, trompe l'oeil, dualité, dédoublement etc... Je ne suis pas fan de ce que j'ai écrit, en tous cas j'ai beaucoup moins rigolé à l'imaginer que pour le texte de la pricesse embrasseuse de crapauds-transformistes.

« Où l’on constate que trop de réflexion nuit à la qualité du reflet. »

Personne, non, personne n’y faisait jamais attention à ce miroir. C’était un banal miroir dans une banale salle de bain, dans une maison toute ordinaire

Oh, bien sûr que tout le monde y jetait un coup d’œil, mais ce n’était pas LUI qu’on venait voir, mais soi-même. (Enfin, soi-même, l’inverse de soi-même, on devrait plutôt dire … Mais c’est une autre histoire, ce paradoxe d’un monde qui ne se reconnaît qu’à l’inverse).

Bon, il faut dire que déjà enfant il était pénible ce miroir là, à toujours se poser des questions sur tout, à toujours chercher à savoir, à comprendre… Est-ce qu’on leur demande de comprendre, aux miroirs ? Non, juste de réfléchir. Mais de réfléchir dans un certain sens seulement. Et CE miroir là, justement, il réfléchissait trop, deux fois trop, dans les deux sens du terme.

A force de se poser sans cesse des questions, il avait le moral dans les chaussures, le miroir, il ne croyait plus en lui, de jour en jour, il ne reflétait plus rien de bien.

Au début, il y avait eu juste comme un flou, un genre d’incertitude du reflet. En se regardant les gens se tiraient la peau, se trouvant le teint brouillé, ils réorientaient l’éclairage,  se disant : « Mais pourquoi il y a toujours une lumière aussi blafarde dans les salles de bains ! Faudra penser à changer les spots ! Tiens j’irai samedi chez Bricotruc, j’en ai vu des sympas, ça changera un peu de cet éclairage d’hôpital ! ».

Ensuite, il s’était couvert comme d’un léger voile de brume, alors les gens le frottaient. Ils le frottaient avec n’importe quoi : le bord d’une manche, un coton humide, une feuille d’essuie tout ; les plus vaillants allaient chercher le produit à vitre, pour les récompenser, le miroir acceptait alors pour quelques instants de retrouver sa brillance d’antan.

Puis il se permit de déformer les reflets, allongeant (peu de gens s’en aperçurent alors) ou élargissant les reflets, (il constata un net raccourcissement du temps de pose devant sa glace à cette période, et les chamailleries autour du temps d’occupation de la salle de bains en furent d’autant réduites).

Mais ce n’était pas suffisant, on ne lui prêtait toujours pas d’attention, alors il choisit d’aller plus loin, de déroger aux lois universelles de la déontologie de l’optique et de la miroiterie réunies. Il se mit à créer des reflets, à tricher sur les images, à inventer ses réponses au monde réel. Il commença par « oublier » des détails, une boucle d’oreille par ci, une mèche par là… Puis il en rajouta : des boutons sur des nez (quel vent de panique ne provoqua t-il pas !), du rouge à lèvre sur des bouches qui n’en avaient jamais vu , (Ah l’air inquiet du père de famille un lendemain de bamboche quand il avait frotté et refrotté ses lèvres trop roses à son goût, ou l’air ravi de la petite dernière qui se croyait à carnaval…).

Cependant, le plus souvent les gens ne s’apercevaient pas des changements opérés dans leur reflet. Ils étaient trop pressés, ne se regardaient pas vraiment, utilisant le miroir juste pour vérifier un détail ou l’aspect général de leur tenue…

Alors c’est là que le miroir se mit à « décompenser » sérieusement, il échangea les reflets. Monsieur se pointait dans la salle de bain ? C’est Madame qu’il apercevait en face de lui, et il se retournait : « Ah, Tu es là chérie ? » ; mais personne derrière lui… Si c’était le jeune homme, qui arrivait pour se coiffer en vitesse avant de filer attraper son bus le matin, le miroir lui renvoyait l’image de son père. Le plus souvent l’ado n’y faisait pas attention, pas bien réveillé… Lorsque Madame arrivait devant la glace, le miroir prenait un malin plaisir à lui renvoyer l’image de sa mère venue dîner la veille et qui s’était « refait une beauté » devant lui pendant la soirée. La plaisanterie était cruelle, certes, mais assez jouissive.

Mais la jouissance n’était que de courte durée.

Le miroir décida de devenir aveugle.

Etre aveugle, pour un miroir, c’est être exactement le contraire d’une glace sans tain. Non seulement on ne se voit pas dedans, mais on ne voit pas non plus à travers.

Alors arriva ce qui devait arriver : il fut mis au rebut. On le dévissa de son support, on récupéra le meuble dans lequel il était inséré, on le remplaça par un autre miroir moins versé dans l’introspection et on l’amena à la déchetterie. Comme il n’était même pas recyclable, ni dans le verre ni dans la miroiterie, il fut mis au pilon, c’est tout ce qu’il avait mérité pour avoir refusé de refléter correctement la réalité.

On ne plaisante pas avec les lois de la déontologie de l’optique et de la miroiterie réunies.

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05 mars 2010

Scoop: le retour de la baleine souffleuse sur la côte basque!

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Ce soir j'ai fait prendre l'air (ou plutôt l'eau) à mon tuba et mes palmes. Ils n'étaient pas sortis depuis cet été (voir les photos).

Bon, je suis d'accord, ce genre d'équipement vous donne un petit air choucard dans le bassin, impossible de passer inaperçu avec cet attirail, mais croyez-moi, une fois que vous aurez goûté au confort que procure le tuba frontal, vous ne pourrez plus vous en passer. Trop génial pour les vertèbres cervicales arthritiques, on est complètement allongé sur l'eau, plus de soucis de respiration, juste le plaisir de la fluidité du geste... Et tant pis si ce n'est pas homologué pour les J.O.!

Les photos ont été prises cet été dans les pyrénées. J'adore celle de gauche, on dirait que je pars pour le grand large, rien ne m'arrêtera ! Il paraît que de l'autre côté de l'océan, c'est la ville de Mirabel. Je vous préviens quand j'arrive ?

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cigognes du printemps

cigogne_en_vol        migration_cigognes   vol_cigognes 

Mardi dernier, je les ai entendues. Je ne les ai pas vues, mais je sais qu'elles sont passées.

Sûr, on est bientôt sortis de l'hiver.

Je vous ai trouvé des photos de ces dames en vol, certaines d'entre elles sont si bien nourries dans nos champs de maïs qu'elles ne se donnent plus la peine de partir à l'automne et qu'elles passent l'hiver chez nous.

Mais mardi dernier leurs copines étaient de retour, elles en faisaient un  de ces boucans! Et ce tintamarre là, on l'aime bien, début mars, c'est signe de printemps qui arrive.

Alors je suis allée sur la toile pour vous illustrer mon propos. J'aurais bien aimé trouvé un enregistrement, apparemment ça n'existe pas, alors allons-y pour des photos! Partageuse, non ?

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04 mars 2010

"Je passe silencieusement chez vous, parfois."

"Je passe souvent silencieusement chez toi"

J'adore cette expression et la réalité qu'elle décrit:

"Chez toi" C'est formidable ce que ça permet les blogs, on peut s'inviter chez les gens, on ne dérange jamais, on n'a pas à se justifier, à donner son nom, une raison. Juste une flânerie. Et on part quand on veut, si on veut dès qu'on veut. Pas de politesse imposée, de temps minimum, d'hypocrisie nécessaire pour trouver une bonne raison à sa présence, son absence, son départ ou son séjour prolongé. Cette liberté tranquille est vraiment reposante.

"Silencieusement": Parce que parfois ça repose de ne rien dire quand on n'a rien à dire, ou quand on ne peut pas (encore) dire. Il m'arrive de lire des textes et de ne les commenter que plusieurs jours après.

Je trouve que naviguer sur un blog c'est un peu adopter l'attitude des chats, ils sont un peu sans gène, je le reconnais, mais ils sont assez délicats pour ne rien casser (ou très peu) tout en furetant partout où ça leur chante. Bien sûr, certains sont un peu voleurs, et goûtent aux mets que l'on n'a pas mis sous clé, mais dans un blog, on donne à goûter, n'est-ce pas ? Et on donne aussi à partager.

Ecrire à quelqu'un "je passe souvent silencieusement chez toi", c'est délicat comme le parfum que l'on retrouve d'un ami après son passage, c'est aussi lui dire, pas besoin toujours de mots entre nous, ni même de traces tangibles, comme le souvenir d'un sourire qui éclairerait la maison à notre retour... Je te suis de loin en loin, mes pensées t'accompagnent, et tu le sais.

Moi aussi je passe parfois silencieusement chez vous, silencieusement et amicalement. Souvent je vous laisse un petit mot, pas toujours, et j'aime aussi quand vous en laissez chez moi bien sûr, mais c'est bien aussi de ne pas y être obligé.

A bientôt

PS : Merci à Zig à qui j'ai emprunté cette expression qu'il destinait à Mme de K. je crois.

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02 mars 2010

Le lundi au soleil... air connu et pourtant assez neuf pour moi ces temps-ci...

Le WE fut rude, mais ce lundi est meilleur, alors j'ai décidé de vous en donner quelques nouvelles:

Coup de fil "matinal", 8h 30. (je suis en vacances), c'est ma tante à la mode de Bretagne qui devait venir en train pour quelques jours depuis Nantes et qui m'annonce qu'elle ne viendra pas, pour cause de lignes ferroviaires coupées. Bon, j'avais passé le WE à briquer, faire des confitures (kiwi-orange) et de la garbure, pas grave, sauf que je vais devoir me boulotter de la garbure toute la semaine pour écluser la quantité. J'ai du mal, depuis quelques mois avec la cuisine, c'est ou impossible et je mange n'importe quoi, ou alors je reprends les quantités "d'avant" et j'en fais pour 12, soit deux repas d'autrefois...

Bon, p'tit déj., je me recouche un peu, puis je me prends un bain bouillant (je sais, très mauvais pour la circulation sanguine, mais je suis hyper frileuse) avec la radio, et en route pour mon rendez-vous chez ma psy, je la vois à midi.

Séance à l'image de la période, mer (mère) de douleur et de pleurs, faut laisser décanter et écoper. Y'en pour des années si ça se trouve, vaut mieux pas y penser, la durée me fait flipper.

Je repars, j'ai la journée devant moi. Dans le centre du village, je m'arrête d'abord aux toilettes publiques (si si je lâche les vannes...), et dans une boulangerie fast food. Je commande un panini, discute avec le gars qui me propose de me payer un café. Je refuse, point trop n'en faut, je ne fais pas de progrès aussi rapides que je sache déjà recevoir un cadeau! même un simple café. Faut au moins trois ans d'analyse avant d'arriver au stade du café offert par le patron!

Je donne quelques coups de fils, en grignotant mon sandwich. D'abord deux copines, l'une on étaient "étudiantes" ensemble au CNED, l'autre on bosse ensemble, et y'a de l'eau dans le gaz avec son mari. Puis j'appelle ma fille. On ne s'est pas parlé depuis son départ très tendu de la maison il y a une semaine. Conversation assez neutre, reprise de contact, faut y aller en douceur.

Ensuite j'appelle son frère, T. Il est calme, je lui annonce les deux derniers courriers recommandés arrivés à la maison, expédition spéciale du tribunal pour enfants. Mises en examens diverses et variées pour des délits peu variés, eux, violences, dégradations et menaces ... T. me raconte qu'il part cet aprèm voir son père, il y passera quelques jours, il souhaite revenir pour la fin de semaine, il veut passer du temps "avec sa meuf". "T'as une copine ? Ouais, du coup faut que j'arrête mes conneries, ça me calme"... C'est plutôt une bonne nouvelle, en tous cas je choisis de le prendre comme tel. Je ne me fais pas d'illusion, j'ai juste pas envie d'approfondir la question, pas envie de me recasser la figure à chacun de ses faux pas.

Après avoir refusé le café offert par le patron, (bon, je vous promets, la prochaine fois, si il y en a une, je l'accepterai, mais ne vous emballez pas, hein? c'est un petit jeune, doit bien avoir 20 ans de moins que moi, y'a pas d'anguille sous roche!) je suis repartie et... je me suis arrêtée. Arrêtée pour aller me ballader en forêt.

Le panneau indiquait 7 km, 2h15 de promenade. Ben je l'ai faite cette ballade, et toute seule en plus, et c'était plutôt agréable !!! Ma soeur, (qu'elle en soit remerciée ici) m'a offert des bâtons de marche. Elle s'inquiète pour moi, ma petite soeur, elle voit bien que physiquement je me dégrade, je n'arrive plus à rien... Il y a deux ans elle m'avait offert un tuba de nage: c'est absolument génial, pas du tout esthétique, mais très confortable, en particulier pour mes cervicales ankylosées. Cette année ce sont les bâtons de marche, avec une dragonne et un système de ressort qui vous aide à vous propulser. Sûr que dans les chemins de sable de la forêt landaise, qui n'est pas réputée pour ses dénivelés alpins, on est (je suis) un peu ridicule. Mais ça m'aide ces trucs là, la preuve, j'ai réussi à faire la ballade dans les temps prévus.

Je vous saoule peut-être avec mes "exploits" minables, mais en ce moment, cette ballade "sportive" ça tient du miracle: j'ai beaucoup de mal à sortir, je peux passer des journées entières enfermée à comater devant la télé (les JO c'est super pour ça, même pas besoin de mettre le son, et ça finit très tôt au petit matin), sans parler à personne, avec juste l'envie très forte de disparaître.

Voilà, aujourd'hui c'était une plutôt bonne journée, fallait pas la rater, et j'avais envie de vous en parler, c'est vrai que vous devez en avoir marre du pathos, non ? (En tous cas, moi, je m'en passerais bien!).

PS: Genets, mimosas, prunus en fleur, ballade manches courtes et lunettes de soleil sur le nez. Sûr, le printemps n'est pas loin!

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